L’Alyah Boeing

 

Les vols Paris – Tel Aviv EL AL du Jeudi soir sont emplis de Juifs français qui rentrent à la maison, en Israël, après avoir travaillé en France. C’est le phénomène de l’alyah boeing, expression inventée par le Dr. Israel Feldman.

Si les vagues d’alyah de France ont été conséquentes ces dernières années, pour certains Olim la vie en Israël ne devient pas pour autant le quotidien. Les rythmes de chacun diffèrent et tous cherchent à réduire au maximum le temps de travail passé en France, loin d’Israël et de la cellule familiale.

Jacques B., père de deux enfants, rentre deux semaines par mois pour faire de la recherche en biologie dans son laboratoire en région parisienne. Laurence L., mère de famille, rentre elle en France une semaine par mois pour enseigner en école de commerce.

Rachel D., avocate, a commencé par travailler en Israël seulement une semaine par mois pour ensuite inverser la tendance et ne travailler qu’une semaine par mois en France.

Tous admettent que ce mode de vie n’est pas facile et peut fragiliser la famille, le couple comme les enfants.

Selon le Pr Sergio DellaPergola, démographe de l’Université hébraïque, les Olim, tous pays confondus, sont près de 60 % à percevoir la majeure partie de leurs revenus de l’étranger plusieurs années après leur alyah (source : The Times of Israel).

Pour tous, ce n’est pas un choix idéologique mais pratique, motivé par des facteurs multiples tels qu’un marché du travail israélien trop restreint, des salaires trop bas, la non reconnaissance des diplômes français ou encore la barrière de la langue qui font de l’intégration sur le marché de l’emploi en Israël un réel défi.

Pourtant, des alternatives existent. Certains poursuivent leur activité en Israël en délocalisant leur entreprise. D’autres trouvent à s’employer dans des sociétés locales ayant une activité tournée vers le marché français et peuvent ainsi travailler dans leur langue maternelle. Les plus qualifiés, maîtrisant l’anglais, trouvent à s’employer dans des entreprises israéliennes.

Dans certains métiers, les offres d’emploi ne manquent pas. Ainsi, selon l’OCDE et le président de l’Agence Juive, Israël manque de plusieurs centaines de médecins et d’infirmières.

Quant aux professionnels des autres domaines, des associations et des entreprises oeuvrent activement en faveur de ces Olim diplômés.

Ainsi, Qualita, fondée récemment par Marc Eisenberg, milite pour la reconnaissance de toujours plus de diplômes français par la loi israélienne.

Annatel, pour sa part, a su détecter et analyser le problème de l’alyah boeing et les besoins uniques de ces voyageurs d’un genre quelque peu particulier. L’entreprise a mis en place des services adaptés à ces professionnels toujours entre la France et Israel.

Des forfaits pensés spécialement pour eux sont notamment proposés, avec un double numéro permettant d’être joignables facilement où qu’ils se trouvent et d’assurer la continuité pour la clientèle en toute fluidité.

Il est certain que le parcours d’un Ole demande de la patience mais, avec de la volonté, la réussite est possible.

Selon Edwige Chekroun, coordinatrice de projets au sein de l’association Ami, qui encadre les olim : « On a réussi son alyah quand les enfants sont scolarisés, quand on a trouvé l’équilibre financier et qu’on maîtrise l’hébreu. Quand on se lève le matin avec les mêmes problèmes que tous les Israéliens ! ».

annatel